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Aide pour l'itinérance: Lionel Carmant demande aux régions d'être patientes

durée 19h48
12 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Les régions à l'extérieur des grands centres qui sont touchées par l'itinérance recevront de l'aide dans les «plus brefs délais», assure Lionel Carmant, qui ne peut toutefois préciser d'échéance.

Le ministre responsable des Services sociaux répondait mardi aux questions des partis d'opposition dans le cadre de l'étude des crédits budgétaires qui se tient à l'Assemblée nationale.

D'entrée de jeu, la députée libérale Elisabeth Prass a rappelé que cinq régions au Québec ont connu entre 2022 et 2025 une augmentation de l'itinérance de plus de 50 %, selon les données officielles.

Il s'agit de l'Abitibi-Témiscamingue (119 %), des Laurentides (74 %), de la Côte-Nord (65 %), de Laval (59 %) et du Saguenay—Lac-Saint-Jean (51 %).

Or, le gouvernement Fréchette a annoncé la semaine dernière qu'il investissait 28 millions $ pour combattre l'itinérance en Outaouais, dans la Capitale-Nationale et à Montréal.

«Les maires de Val d'Or et (...) de Rouyn-Noranda se sont dits tristes, déçus, parce que (...) c'est en région qu'on voit surtout ces augmentations», a rapporté Mme Prass.

«Il y a une certaine déception aussi que votre gouvernement a oublié le fait que, dans les dernières années, l'itinérance n'est plus un problème des grands centres comme ce l'était auparavant», a-t-elle ajouté.

Selon M. Carmant, la hausse de l'itinérance est principalement due à l'expulsion pour loyers impayés.

Son gouvernement a annoncé que 21 millions $ sur trois ans iront pour le Programme de supplément au loyer en prévention (PSLP) afin de financer un projet-pilote de 1000 unités de logement.

Un montant de 7 millions $ servira à mieux accompagner les personnes en situation d'itinérance qui vivent avec des troubles mentaux graves ou un trouble de dépendance via le programme PRISMD.

Le principe du PSLP est simple: lorsqu'une personne est à risque imminent de perdre son logement, ce dernier est converti en logement subventionné. La personne peut donc demeurer chez elle en ne consacrant que 25 % de son revenu au loyer.

Mardi, le ministre Carmant a assuré que «la partie PSLP, ça va se déployer rapidement, n'ayez crainte». Il a expliqué que «ça prend un certain temps pour identifier les groupes communautaires qui vont être porteurs de ce programme-là».

«Donc, il y a du travail à faire de notre côté, mais ça va se faire dans un bref délai. (...) La réalité, c'est qu'il faut changer les choses progressivement et on va au maximum de notre capacité», a-t-il ajouté.

Le ministre «laisse les régions dans l'incertitude», a déploré le député péquiste Joël Arseneau.

«Face à une crise, face à une urgence d'agir, vous nous répondez que le gouvernement est impuissant à accélérer la cadence, et que tout ça prend un temps absolument fou, alors que la situation se dégrade sur le terrain», s'est-il offusqué.

Selon le gouvernement, pas moins de 12 000 personnes sont en situation d'itinérance au Québec, une augmentation de 20 % depuis 2022.

Dans les circonstances, le gouvernement s'engage-t-il à maintenir toutes les 3000 places d'urgence cet hiver, a voulu savoir le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard. «On va s'arranger pour que ce soit maintenu», a répondu M. Carmant.

Caroline Plante, La Presse Canadienne

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