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Décarbonation industrielle: un écart entre l'ambition et l'action

durée 05h00
15 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une forte majorité d’entreprises industrielles canadiennes, soit 91%, estiment que la décarbonation est nécessaire, mais seules 6 % d’entre elles déclarent avoir complété des mesures concrètes pour y parvenir, selon un sondage commandé par la multinationale française Equans.

Le sondage publié mercredi et réalisé auprès de 1860 dirigeants de petites et moyennes entreprises d’Amérique du Nord et d’Europe révèle un contraste entre l’ambition de réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et les actions concrètes pour y arriver.

Sur les deux continents, la décarbonation fait l'objet d'un consensus, alors que 94 % des dirigeants la jugent nécessaire.

Cette adhésion est toutefois légèrement plus basse du côté des entreprises canadiennes et s’élève à 91 %.

Seules 6 % des entreprises canadiennes déclarent avoir complété leur démarche pour se décarboner, selon le sondage, accompagné d'une analyse intitulée «Baromètre international de la décarbonation et de l’adaptation des industries».

«Il s’agit du niveau le plus faible parmi les pays sondés», souligne un communiqué publié mercredi par Equans.

«À titre comparatif, 21 % des entreprises américaines, 19 % de celles établies aux Pays-Bas et 16 % de celles au Royaume-Uni déclarent avoir complété leur démarche.»

Des solutions compliquées et des règles complexes

Plusieurs obstacles expliquent l’écart entre la reconnaissance du problème et le passage à l’action des entreprises canadiennes, selon l'analyse d'Equans.

Par exemple, les solutions de décarbonation sont souvent «perçues comme difficiles à intégrer aux opérations existantes» par les industrielles.

Certaines entreprises «manquent d’infrastructures adaptées à la transition énergétique», ce qui limite leur capacité «à intégrer et à déployer certaines technologies à grande échelle».

La complexité administrative et réglementaire ainsi que la bureaucratie ralentiraient également la concrétisation des projets.

Equans, une filiale de Bouygues, une des plus grandes entreprises de France, se définit comme «un leader mondial du secteur de l’énergie et des services avec des opérations dans 20 pays».

Le communiqué publié mercredi par cette entreprise, qui offre des solutions de décarbonation industrielle, identifie les mesures de décarbonation les plus fréquemment mises en place par les industriels canadiens.

Cette liste inclut la «réduction de la consommation d’eau et de matières premières», l’optimisation de la circularité et «l’adoption d’une approche axée sur l’efficacité énergétique et les économies d’énergie».

Cette dernière mesure implique le remplacement progressif des combustibles fossiles par des procédés qui émettent moins de gaz à effet de serre.

«Le véritable défi réside désormais dans la capacité à déployer rapidement des initiatives à grande échelle. Cela implique une approche résolument opérationnelle articulée autour de la performance énergétique, de l’électrification des usages et de la numérisation des processus», a écrit Pierre Loyer, vice-président exécutif du développement commercial chez Equans Services, dans un communiqué.

«Pour y parvenir, les entreprises canadiennes doivent pouvoir s’appuyer sur des solutions concrètes, des modèles d’investissement prévisibles et un cadre réglementaire stable», a-t-il ajouté.

Le sondage, réalisé par OpinionWay, souligne également que des entreprises canadiennes identifient plusieurs retombées positives liées à la décarbonation, comme «des impacts favorables sur la réputation et l’image de marque et un levier pour stimuler l’innovation».

La réduction de l’empreinte carbone d’une entreprise peut aussi être une façon «d’améliorer la compétitivité et la profitabilité» en renforçant la résilience et la performance à long terme, souligne l'analyse.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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