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Environnement Canada ferme définitivement sa station de radiométéo

durée 09h37
14 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

ROB DRINKWATER — Un service de radio pancanadien qui, depuis des décennies, diffuse 24 heures sur 24 les dernières prévisions locales ainsi que des alertes cruciales concernant les conditions météorologiques extrêmes, met fin à ses activités.

Les auditeurs devront se tourner vers des services en ligne ou sur téléphone portable.

Le ministère de l'Environnement et du Changement climatique indique sur son site Web qu'à compter de lundi, Radiométéo sera définitivement mis hors service. L'annonce précise que toute personne souhaitant obtenir des prévisions météorologiques locales et des alertes doit consulter la carte météo interactive de l'agence ou télécharger son application MétéoCAN.

Dans un courriel, l'agence explique que le service radio, qui a commencé à fonctionner dans les années 1970 et diffuse sur la bande de service public VHF disponible sur certaines radios, est devenu de plus en plus difficile à maintenir en raison de la hausse des coûts.

Le service téléphonique, qui permettait aux utilisateurs d’appeler pour obtenir des prévisions locales enregistrées, prendrait fin le même jour. Les prévisions maritimes resteront disponibles par le système radio de la Garde côtière canadienne.

«Pour être honnête, cela n’aura pas beaucoup d’impact sur moi ou sur notre activité, car nous utilisons le service Internet de Starlink», commente Rob Argue, propriétaire d’Eastern Canadian Outfitters, une entreprise établie à Ottawa, qui possède deux gîtes de chasse et de pêche au Québec.

Mais cette décision tire une sonnette d'alarme pour Radio Amateurs du Canada, dont les bénévoles apportent leur aide en matière de communications lors de catastrophes. L'organisation a déclaré dans un communiqué que Radiométéo avait joué un rôle particulièrement important dans les communautés rurales, isolées et nordiques où la couverture cellulaire et Internet peut être limitée ou peu fiable.

«Tout le monde se souvient qu’au Canada, lorsque Rogers a connu une panne d’une journée, tout le monde a paniqué», dit le président de l’organisation, Allan Boyd, lors d’une interview, faisant référence à une panne de réseau survenue en 2022.

«Les communications cellulaires et par satellite sont très fiables aujourd’hui, mais l’infrastructure pourrait tomber en panne. Et si cela arrive, il n’y a alors plus grand-chose sur quoi compter, c’est certain.»

Radiométéo permet la transmission d’une tonalité et d’un code pour des zones spécifiques qui activent une alarme sur la radio réceptrice, signalant l’arrivée d’un message important.

Les émetteurs — au nombre de 230 — s'étendent jusqu'à l'Arctique canadien et de Terre-Neuve à l'île de Vancouver, et le site web d'Environnement Canada indique que plus de 90 % des Canadiens ont pu accéder à un signal de Radiométéo.

«Depuis le lancement de Radiométéo, de nombreuses avancées technologiques nous ont permis d’améliorer la disponibilité de nos services et produits d’information météorologique», a répondu le ministère dans un courriel lorsqu’on lui a demandé d’expliquer la décision de mettre fin au service.

«De plus, le réseau cellulaire au Canada continue de s’étendre, et l’Internet par satellite permet de plus en plus aux communautés isolées à travers le pays d’accéder à l’information.»

Mais ces solutions peuvent s’avérer coûteuses pour les utilisateurs, signale Nirupama Agrawal, professeure au sein du programme de planification des catastrophes et des urgences de l’université York. Elle laisse toutefois entendre que le maintien des émetteurs de Radiométéo ne vaut peut-être pas la dépense.

«J’ai repensé à l’époque où nous avions un service ferroviaire vers les communautés du Nord qui a été supprimé, et nous n’avons jamais reconstruit ce réseau parce que les gens préfèrent conduire et qu’il n’y avait pas assez de demande, dit la Pre Agrawal. Le fait est que ces choses ont un coût. Elles mobilisent des ressources.»

Elle ajoute que le fait de devoir entretenir moins de systèmes garantissait également l’exactitude des informations diffusées.

Sheena Campbell, porte-parole du ministère de la Sécurité publique et des Services d'urgence de l'Alberta, écrit dans un courriel que les alertes urgentes de sécurité publique continueront d'être diffusées via le système Alberta Emergency Alerts, qui peut interrompre les émissions de radio AM-FM, de télévision et sur les appareils mobiles.

Mais elle ajoute que la fermeture imminente de Radiométéo, qui résulte d’une décision du gouvernement fédéral, «souligne l’importance de la préparation individuelle et de la planification préalable». Elle conseille aux personnes vivant dans des zones sans couverture cellulaire ou sans réception AM-FM de vérifier les prévisions météorologiques avant de se déplacer, d’informer leurs proches de leurs plans de voyage et d’emporter une trousse d’urgence contenant des fournitures essentielles.

M. Argue indique que les guides de son entreprise de pourvoirie consultent quotidiennement les prévisions d’Environnement Canada ou de Métémédia. Ils le font par Starlink lorsqu’ils se trouvent dans des zones reculées, mais ne reçoivent pas une alerte lorsqu’ils sont loin des camps de base.

«Comme beaucoup de gens, sans doute, qui ont l’habitude de se trouver dans des endroits isolés, on surveille simplement le ciel et l'on prête attention aux baisses de température et à ce genre de chose, raconte M. Argue. Beaucoup de gens qui vivent dans ces environnements savent parfois ce qu’il faut surveiller.»

La Presse Canadienne

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