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Les graminées envahissantes peuvent présenter un danger mortel après un feu de forêt

durée 18h13
20 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — Selon une chercheuse de l'Université de Colombie-Britannique, des herbes envahissantes s'installent progressivement dans les paysages brûlés plusieurs années après les incendies de forêt et pourraient alimenter à l'avenir des incendies de grande ampleur mettant en danger la vie des personnes.

Jennifer Grenz, professeure agrégée au département de gestion des ressources forestières, a corédigé une étude qui se concentre sur les conséquences de l'incendie de McKay Creek, un feu qui a ravagé 46 000 hectares près de Lillooet en 2021, pendant la vague de chaleur record.

L'étude, publiée ce mois-ci dans la revue Fire Ecology, a été menée dans le sud de l'intérieur de la Colombie-Britannique, une région qui comprend des forêts sèches, des prairies et un relief accidenté allant de vallées étroites à de hautes crêtes.

Mme Grenz a expliqué que, bien que les plantes indigènes aient mis du temps à se rétablir deux ans après l’incendie, des graminées envahissantes comme le brome des toits commencent à pousser sur les parcelles de sol dénudées après l’incendie, dans les zones de basse altitude où les gens vivent, travaillent et pratiquent des activités de loisirs.

«Ces graminées apparaissent très tôt dans la saison par rapport aux autres plantes, puis elles se dessèchent avant même que la plupart des autres plantes n’aient atteint leur maturité, a-t-elle expliqué. Elles créent ainsi des couloirs de combustible qui relient les zones non brûlées entre elles et peuvent s’étendre jusqu’au cœur de nos communautés.»

Mme Grenz a déclaré que ces graminées peuvent faire se propager les incendies à «la vitesse d’une autoroute», et a souligné que des graminées similaires avaient contribué aux incendies de forêt meurtriers à Hawaï en 2023.

«On pourrait penser que les herbes ne sont pas un problème majeur, mais cela va en fait conduire à une nouvelle série d’incendies ici en Colombie-Britannique», a prédit Mme Grenz.

Les auteurs de l’étude ont été invités à mener leurs recherches par six communautés St’át’imc du Nord sur le territoire traditionnel où a pris naissance le feu de forêt de McKay Creek.

«Nous ne pouvons pas sous-estimer la valeur des personnes qui connaissent le mieux leurs terres et savent également comment celles-ci doivent être gérées», a-t-elle déclaré, ajoutant que la gestion des terres par les Autochtones pourrait aider à prévenir de futurs incendies de forêt.

Mme Grenz a soutenu que les graminées envahissantes pourraient être à l’origine du prochain grand incendie de forêt en Colombie-Britannique, et a ajouté que la plantation d’espèces indigènes sur les sols dénudés après un incendie pourrait contribuer à enrayer la propagation des plantes envahissantes.

Elle a recommandé à la province de créer son propre service doté d’un budget pour lutter contre les plantes envahissantes et d’employer des équipes spécialisées dans les graminées envahissantes immédiatement après un incendie de forêt afin d’empêcher la propagation d’espèces nuisibles.

Au printemps dernier, la Colombie-Britannique a versé environ 2,8 millions $ à des groupes environnementaux, à des comités locaux chargés des espèces envahissantes et à des chercheurs, dont Mme Grenz, afin de soutenir les programmes de lutte contre les plantes envahissantes et les efforts de gestion.

Mais Mme Grenz a affirmé que le gouvernement devait en faire plus.

S'il ne le fait pas, un incendie de forêt en Colombie-Britannique, comme celui qui a tué 102 personnes dans la ville de Lahaina, à Hawaï, pourrait devenir une réalité, a-t-elle déclaré.

«Ce qui s'est passé à Lahaina, c'est ce qui va se passer ici si nous ne prenons pas cela au sérieux», a-t-elle fait valoir.

Marissa Birnie, La Presse Canadienne

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