Plus de 40 % des participants à une étude sont ouverts à manger des insectes

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Si le dégoût reste un obstacle important à la consommation d'aliments à base d'insectes, 44 % des participants à une étude menée par une étudiante de l'Université Concordia ont exprimé une forme d'ouverture à manger ce type de nourriture.
Nadezhda Velchovska, étudiante au premier cycle au département de psychologie de l’Université Concordia, a interrogé 252 visiteurs canadiens de plus de 18 ans à l'Insectarium de Montréal entre octobre 2024 et février 2025, afin de sonder leur intérêt pour les aliments faits d'insectes.
Les résultats de cette étude, parue en janvier dernier dans la revue «Scientific Reports», publiée par «Nature», montrent que 44 % des participants ont rapporté une forme d'ouverture à manger des insectes: 18 % en avaient déjà consommé, tandis que 26 % se disaient prêts à essayer.
Toutefois, seuls 27 % des participants se disaient enclins à inclure les insectes dans leur régime de tous les jours et 17 % avoir la volonté de préparer des insectes à la maison. L'étude de Mme Velchovska a été supervisée par Rassim Khelifa, professeur adjoint au département de biologie de l'Université Concordia.
Mme Velchovska note toutefois qu'en effectuant son étude à l'Insectarium, elle se trouvait dans un lieu où les participants sont peut-être plus curieux à propos des insectes.
L'étudiante a indiqué que le plus grand obstacle à la consommation d'insectes est «clairement le dégoût».
«Beaucoup de personnes associent encore les insectes à quelque chose qui est sale, de dangereux ou de non comestible. Mais même si ces réactions-là sont surtout culturelles, il y a beaucoup de préoccupations qui sont reliées aussi à la salubrité alimentaire et à la peur des insectes qui est aussi très importante», explique-t-elle.
«Même lorsque les gens comprennent les bénéfices environnementaux ou nutritionnels ou sont curieux d’essayer, il y a quand même une réaction émotionnelle qui peut rester très forte», ajoute-t-elle.
L'étudiante en psychologie a précisé que la forme du produit est «essentielle» lorsqu'il est question de l'intérêt des personnes à manger des insectes.
«Les gens sont plus ouverts lorsque les insectes sont intégrés dans des aliments familiers, comme des produits de boulangerie, des barres protéinées, surtout dans la partie de l'échantillon qui était des adultes qui sont plus jeunes, ou même dans la farine, par exemple», explique-t-elle.
«Le moins qu'on voit l'insecte, le plus facile, c'est de le manger», résume-t-elle.
Mme Velchovska a souligné que si l'entomophagie, soit la consommation d'insectes, devient plus populaire dans le futur, il sera important d'être transparent sur la salubrité, l'origine et la valeur nutritionnelle des aliments.
Si les insectes représentent une bonne source de protéines, Mme Velchovska a souligné que son étude a démontré que l'argument environnemental «fait une grande différence dans l'acceptation des insectes».
«Ils (les insectes) sont quand même considérés comme une option durable. Il y avait quand même une grande partie de notre échantillon qui pensait que c'est une bonne raison pour les manger aussi. En fait, ils nécessitent moins de ressources comme de l'eau, de la terre pour les fermes et aussi moins de nourriture pour les faire grandir», détaille-t-elle.
«Dans un contexte où les systèmes alimentaires font face à des pressions environnementales, comme en ce moment avec la viande, par exemple, ils présentent quand même une bonne option intéressante à explorer.»
Le bon produit pour les différentes tranches d'âge
Mme Velchovska a fait valoir qu'il existe une pensée selon laquelle les jeunes adultes souhaiteraient davantage manger des insectes que les adultes plus âgés. L'étudiante a toutefois constaté que l'intérêt pour l'entomophagie chez différentes tranches d'âge dépend plutôt du type de produit proposé.
«Un adulte de, par exemple, 50 ans, va être plus intéressé à consommer un fromage intéressant», dit Mme Velchovska, évoquant le fromage italien casu marzu, fait avec des larves.
«Ils étaient vraiment plus intéressés à essayer quelque chose de même que, par exemple, une barre protéinée à base d'insectes.»
L'étudiante a également constaté lors de l'étude que les hommes étaient généralement plus enclins à consommer des produits à base d'insectes que les femmes et qu'ils rapportaient davantage d'expériences antérieures avec ce type d'aliments.
Mme Velchovska a précisé que l'éducation joue un rôle dans la volonté de la population de manger des insectes.
«On a aussi trouvé que les personnes ayant un diplôme d'études supérieures manifestaient quand même une plus grande ouverture à expérimenter avec les ingrédients à la base d'insectes, surtout dans un contexte culinaire, par exemple chez eux à domicile», précise-t-elle, disant que cette tendance se manifeste surtout chez les femmes.
Coralie Laplante, La Presse Canadienne