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Une étude met en lumière les risques des contaminants d’intérêt émergent

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2 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une étude internationale à laquelle l’Université McGill a participé sonne l’alarme sur les risques que représentent les «contaminants d’intérêt émergent» (CIE) pour l’agriculture et la santé humaine. Les chercheurs recommandent de renforcer la réglementation et de poursuivre les recherches sur le sujet.

Les produits pharmaceutiques, les microplastiques, les nanomatériaux de synthèse et les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA), communément appelées «polluants éternels», font partie de ce qu’on appelle les «contaminants d’intérêt émergent» ou CIE.

Ces produits chimiques se retrouvent dans les champs agricoles et pénètrent dans les sols de différentes façons: par l'irrigation avec des eaux usées, l'épandage de boues d'épuration et de fumier ou encore par l'utilisation de plastiques agricoles.

Paradoxalement, certaines de ces pratiques sont utilisées pour rendre l’agriculture plus durable et moins destructrice des écosystèmes.

Nocifs pour les végétaux

Lorsqu’ils se retrouvent dans les champs, les «contaminants d’intérêt émergent» (CIE) circulent dans le système vasculaire des plantes et atteignent les feuilles, les fruits et les racines, selon les chercheurs.

L’étude souligne que les CIE restent «biologiquement actifs» dans les sols agricoles et influent sur les «systèmes hormonaux» des plantes, sur les communautés microbiennes et sur le cycle des nutriments.

Les effets sur la santé humaine

L'exposition à certains contaminants émergents tels que les PFAS a été associée, dans plusieurs études par le passé, à des risques comme des perturbations endocriniennes, des troubles du développement, des atteintes neurologiques et des cancers.

Toutefois, «d'importantes lacunes persistent dans nos connaissances» et il n’y a pas suffisamment de données scientifiques disponibles pour bien comprendre les impacts sur la santé de chacun des CIE lorsque ceux-ci se retrouvent dans les champs agricoles.

L’étude précise néanmoins que les CIE présents dans les milieux agricoles «peuvent engendrer de multiples risques pour la santé humaine, notamment par leur absorption par les cultures, leur accumulation dans la chaîne alimentaire et des effets indirects tels que la promotion de la résistance aux antimicrobiens (RAM) et la perturbation des écosystèmes».

Renforcer les règles et réduire à la source

Les auteurs de l’étude recommandent le renforcement de la réglementation ainsi que la reformulation des produits chimiques afin de les rendre plus sûrs.

«Les résultats soulignent l'urgence d'une réglementation coordonnée et de pratiques durables pour réduire la contamination à la source», affirment les auteurs.

Selon la chercheuse Audrey Moores, coautrice de la méta-étude et professeure de chimie à l’Université McGill, «la solution la plus sûre et la plus efficace à long terme serait de concevoir des produits chimiques et des matériaux qui se décomposent pour former des produits inoffensifs qui ne s’accumulent pas dans l’environnement».

Il est beaucoup plus efficace de «prévenir la pollution que d’essayer de nettoyer la nature après coup», a souligné la professeure de chimie dans un communiqué.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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