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La Société Historique Sartigan

Le ruisseau Jérôme dans l'ouest

durée 08h00
22 mars 2026
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Par Pierre Morin

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

Quand j'étais jeune enfant, tout le monde disait le «Jerôme Brook». C'était le ruisseau Jérôme. On l'appela ainsi pour honorer la mémoire de M. Jérôme Rancourt, un notable qui a vécu il y a 150 ans et qui s'est beaucoup impliqué dans le développement de notre ville. En plus d'être Juge de Paix, il fut le quatrième maire d'Aubert-Gallion (Saint-Georges ouest) en 1862-1863. Il est décédé le 3 février 1914 à l'âge de 79 ans. Le ruisseau en question passait en partie sur sa terre. 

Ce ruisseau avait sa source dans deux embranchements, l'un partant du secteur de la 32e rue entre la 1re avenue et le boulevard Dionne, l'autre partant d'en arrière de l'hôpital et descendant dans les environs de la 21e rue. Ce petit ruisseau avait l'air bien inoffensif, mais des débordements printaniers ont parfois causé des dommages aux propriétés riveraines, notamment en 1928, comme on le constate à la photo 1. La photo 2, qui date de 1930 environ, nous le montre sur une bonne partie de sa longueur, il traversait presque toute la ville du sud-ouest au nord, se jetant dans la rivière au bas de la côte du domaine près de la jonction de la 1re avenue et de l'avenue de la Chaudière. 

Au fil des décennies, afin de circonscrire les débordements et de limiter les dégâts, on redressa le trajet du ruisseau, on le canalisa et on érigea un imposant quai de pierres, longeant le cimetière (photo 3), puis le couvent du Bon-Pasteur (photo 4) et le vieux collège (photo 5, de 1937). De plus des ponceaux furent érigés sur plusieurs rues pour faciliter l'écoulement des eaux, ainsi qu'à son embouchure au pied de la côte du Domaine non loin du magasin Veilleux Décor (photo 6, de 1953).   

Mais au printemps, il pouvait quand même se transformer en un torrent monstrueux. Voyez une photo révélatrice à ce sujet, prise dans le secteur des 21e et 22e rues dans les années '60 (photo 7). Et, à la même époque, un gros coup d'eau provoqua l'effondrement du pont qui le surplombait au bas de la rue Pozer (13e rue, photo 8 ). Finalement, probablement parce qu'il débordait et inondait régulièrement le sous-sol de certaines résidences situées le long de son cours, la ville décida d'enfouir ce ruisseau en 1972. Il est donc disparu du décor. Avant son enfouissement, on l'apercevait un peu partout en ville, mais on a réussi à le maitriser et le diriger différemment. On l'a principalement détourné le long de la 16e rue pour le faire aboutir dans la rivière par un énorme tuyau (de 84 pouces de diamètre) à côté du pont David-Roy, juste en face du Poulet Frit Kentucky (photos 9 et 10). 

Plusieurs doivent se souvenir du pont piétonnier qui existait autrefois sur son parcours. Ce mignon petit pont était situé à l'ouest du Foyer du Bon-Pasteur et fut aménagé à la fin de la construction du Foyer en 1947. Comme le terrain était en pente du côté ouest de ce bâtiment, on y fit du remplissage et on exhaussa le quai en pierre vis-à-vis le cimetière et tout au long du terrain du Foyer. Et pour faciliter l'utilisation du raccourci qui existait en biais avec la rue Saint-Henri (17e rue), on construisit un petit pont en dos d'âne, qui comptait 4 ou 5 marches à chaque extrémité et qui permettait de traverser le ruisseau (photo 4, la dame est Kathleen Rodrigue Lafond). On y passait quand on utilisait le sentier piétonnier de ce secteur. Je suis passé sur ce fameux petit pont en béton des centaines fois dans mon enfance à chaque fois que je me rendais à l'église ou ailleurs dans les parages. Quelle image nostalgique pour tous ceux qui l'ont connu. Il fut détruit en 1972 lorsqu'on a enfoui le ruisseau Jérôme. Même s'il a disparu, il survivra à jamais dans la mémoire de ceux qui y ont circulé autrefois. 

Photos 1 et 5 du fonds des Frères de la Charité. Photos 2 et 3 du Fonds Claude Loubier. Photo 4 du fonds Kathleen Rodrigue Lafond. Photo 6 du fonds Gilbert Gamache. Photos 7 et 10 du fonds Yvon Thibodeau. Photo 8 courtoisie de J.-C. Morin. Photo 9 du fonds Éclaireur-Progrès. Texte et recherches de Pierre Morin.

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Fondée en 1992, la Société Historique Sartigan est un organisme à but non-lucratif, financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation et la diffusion du patrimoine de Saint-Georges et de ses environs.

 


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250,18e Rue, CP 6
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