Assermentation à l'Assemblée nationale
Christine Fréchette est officiellement la première ministre du Québec
Par La Presse Canadienne
C’est officiel: Christine Fréchette a été assermentée mercredi en tant que 33e première ministre du Québec. Elle devient la deuxième femme de l’histoire du Québec à occuper cette fonction après Pauline Marois.
La cérémonie d’assermentation s’est tenue à l’Agora de l’Assemblée nationale mercredi après-midi en présence de plusieurs dignitaires, de la députation caquiste, du personnel politique et des proches de Mme Fréchette.
«Aujourd’hui, je prends la parole avec humilité, avec reconnaissance, et surtout, en étant bien consciente de l’ampleur de la responsabilité qui m’est confiée», a déclaré la nouvelle cheffe du gouvernement peu après avoir prêté serment. Christine Fréchette a battu Bernard Drainville dans la course pour succéder à François Legault.
Priorité: le coût de la vie
Depuis sa victoire, dimanche, elle martèle que sa priorité à court terme sera d’aider les Québécois étouffés par la hausse du coût de la vie. Elle a notamment promis d’agir sur le panier d’épicerie, l’essence et les droits de mutation immobilière. «Mon nouveau gouvernement va alléger la pression sur les Québécois. On va protéger notre économie et notre identité. Et on va redonner confiance aux Québécois», a-t-elle réitéré, mercredi.
L’arrivée de Christine Fréchette comme première ministre envoie un «message fort», s’est réjouie l’ex-première ministre péquiste Pauline Marois en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne. «Je me suis battue toute ma vie pour l’égalité, (…) pour que les femmes prennent leur place, a-t-elle déclaré. Quand l’une d’entre nous atteint un si haut niveau de responsabilité, moi je crois que ce sont toutes les femmes qui sont gagnantes.»
Élue pour la première fois en 2022 dans la circonscription de Sanguinet, sur la Rive-Sud de Montréal, Christine Fréchette a été ministre de l’Immigration, de l’Économie et de l’Énergie dans le cabinet Legault. La politicienne de 55 ans fait maintenant face à un double défi: unifier son parti après une lutte fratricide et le faire remonter dans les sondages, alors qu’il est toujours loin derrière le Parti libéral et le Parti québécois à six mois des élections.
Mme Fréchette doit annoncer la composition de son conseil des ministres la semaine prochaine. En entrevue mardi au 98,5 FM, elle a indiqué qu’elle ferait une place aux pro-Drainville et qu’elle n’écartait pas de faire entrer un non-élu.
Camp Drainville se rallie
Le camp Drainville se rallie, mais des doutes subsistent. Les élus caquistes se sont réunis en caucus, en début de soirée. Si les réactions au discours de Mme Fréchette étaient généralement positives, une poignée d’élus qui appuyaient Bernard Drainville dans la course ont émis certains doutes.
Le député dans Vanier-Les Rivières, Mario Asselin, a dit en mêlée de presse craindre que la nouvelle première ministre ne soit pas assez nationaliste. «C’est une chose que je surveille, (…) c’est important pour moi. Ça me préoccupe», a-t-il admis.
Sa collègue dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa, s’inquiète pour sa part du sort qui sera réservé au projet de troisième lien routier Québec-Lévis. «Le troisième lien, c’est très important pour mes électeurs. (…) Je ne connais pas le projet qu’elle veut proposer ni l’endroit où elle veut le proposer, donc ce sont des discussions que je vais devoir avoir avec elle», a-t-elle fait savoir.
«Il y en a qui sont encore en transition, a reconnu M. Drainville. Mais les gens réalisent que la seule façon de relancer, c’est de se regrouper et de se rassembler. Alors, moi je suis confiant que le ralliement est en train de se faire.»
De son côté, le ministre Samuel Poulin, qui a été l’un des premiers appuis à Bernard Drainville, s’est dit «impressionné» par le discours de la nouvelle première ministre. J’ai trouvé que c’était un discours qui était rassembleur, mais en même temps très directif sur l’identité québécoise et sur ce qu’on doit faire pour les Québécois dans les prochaines semaines», a-t-il affirmé.
L’ex-ministre Lionel Carmant, qui a appuyé Christine Fréchette, comprend que la défaite a pu être difficile pour l’autre camp. «Mais déjà on sent que le vent tourne, on sent que l’équipe se rassemble», a-t-il assuré.
Par Caroline Plante et Thomas Laberge, La Presse Canadienne
