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Joueuse de rugby originaire de la Beauce

Sabrina Poulin: entre premier rôle et rôle de soutien

durée 18h00
5 avril 2026
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Par Salle des nouvelles
En collaboration avec Mathieu Laberge

Alterner entre un premier rôle et un rôle de soutien, tant dans les formations à 7 qu’à XV, permet à la joueuse de rugby Sabrina Poulin de continuer à faire sa place au sein d’un groupe de plus en plus relevé au Canada.

Le cycle olympique menant aux Jeux de 2028 arrivera à la mi-parcours cet été et le pays compte bien profiter de l’élan de sa deuxième place en rugby à 7 aux Jeux de Paris, mais également de sa médaille d’argent obtenue à la Coupe du monde à XV de l’automne dernier.

Voici une entrevue qu’elle a accordé à Sportcom.

Qu’est-ce qui fait en sorte que les Canadiennes figurent toujours parmi les favorites aux tournois les plus importants ?

« Je pense que ce n’est pas juste l’équipe qui performe, mais aussi ce qu’il y a autour », croit Poulin, âgée de 34 ans.

« Par exemple, je n’étais pas aux Jeux olympiques ou à la Coupe du monde, mais je faisais partie du cercle d’athlètes. [...] J’apporte peut-être une bonne compétition et ça permet, peut-être, d’avoir de bons résultats. Ce n’est pas A+B=C, mais j’aime penser que je peux contribuer », poursuit celle qui avait fait partie de l’équipe canadienne médaillée de bronze à la Coupe du monde de rugby à 7, en mai dernier.

Quand on lui demande quel est son apport à l’équipe à l’extérieur du terrain, l’athlète de Saint-Georges-de-Beauce parle de sa résilience.

« Je suis une athlète plus mature et un peu plus vieille que les autres. Il y en a eu beaucoup des moments clés où ça n’a pas été de notre côté. De ne jamais avoir abandonné, peu importe les sélections et les résultats d’un match, j’ai juste continué parce que j’ai tellement l’amour du sport en moi. Je pense que les coachs voient ça. On amène Sabrina en tournée parce qu’on sait qu’elle aime ça jouer au rugby, on sait qu’elle va tout donner et qu’elle est compétitive. Et que peu importe si on a une défaite, on va être capables de rebondir. »

Cette résilience a été testée à rude épreuve lorsque les entraîneurs nationaux ne l’ont pas retenue dans les équipes des Jeux olympiques de Paris et de la récente Coupe du monde féminine de rugby à XV.

D’ailleurs, à peine trois jours après l’entretien qu’elle a accordé à Sportcom, Rugby Canada annonçait que Poulin n’était pas des 30 joueuses retenues pour la Série Pacific Four en rugby à XV, qui débutera dans les prochaines semaines.

Sa réponse à savoir comment elle avait réagi à son exclusion des JO et de la Coupe du monde a donc un plus de poids.

« C’était un sujet sensible à ces moments-là, mais ça fait partie de la joueuse que je suis aujourd’hui. Même si je ne suis pas allée à ces événements, j’ai fait partie du processus jusqu’à la dernière seconde : j’étais remplaçante aux Jeux olympiques. [...] Aujourd’hui, je suis très fière de dire que j’ai contribué, à ma façon. Des fois, les gens ne voient pas ce côté-là de l’athlète. Il y a tous ces gens derrière qui poussent tout le monde vers le haut. »

« Il faut vivre nos émotions. Je suis revenue à la base : pourquoi je joue au rugby, à 34 ans ? C’est vraiment parce que j’aime ça. [...] Quand tu te fais couper, c’est comme si tout ça s’effondrait. Je voulais continuer à jouer parce que j’aime le sport et quand je suis revenue à cette base, j’ai continué à être sélectionnée dans des équipes nationales. Ce n’est pas la fin du monde et s’il y a un message que je peux dire aux jeunes filles, c’est que si tu te fais couper une, deux ou trois fois, fais juste continuer (à jouer) parce qu’il y en aura plein d’autres occasions, peu importe ton âge. »

Une vie de rugby 24/24

Depuis deux saisons, Sabrina Poulin porte les couleurs des Chiefs d’Exeter dans la Premiership Women’s Rugby. Dans cette ville du sud-ouest de l’Angleterre, la joueuse a la chance de demeurer dans un endroit où le rugby fait partie de la culture de la ville.

« Les gens parlent de rugby à l’épicerie. C’est vraiment incroyable ! Je vois des matchs chaque semaine. J’adore ça et j’en mange ! »

Ses coéquipières et elle partagent en partie les installations du club masculin qui fêtera ses 154 ans d’existence l’automne prochain. Le club féminin a été fondé en 2021 et est provisoirement au troisième rang de la ligue.

« Des fans nous reconnaissent année après année et ça, ça fait plaisir. Tu sens que tu fais une différence dans la vie de ces jeunes filles-là », poursuit Poulin qui est une des deux Québécoises de la formation, l’autre étant Alexandra Tessier, capitaine du Canada à la dernière Coupe du monde à XV. Les deux athlètes se suivent depuis longtemps dans le monde du rugby. Elles se sont notamment affrontées quand Tessier portait les couleurs des Stingers de l’Université Concordia et Poulin, celles du Vert et Or ou des Carabins.

« C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé d’aller à Exeter. Elle a été mon contact d’entrée et je suis vraiment reconnaissante de cette opportunité-là. Ça fait des années que je joue avec ou contre elle. Nous avons joué ensemble dans les équipes du Québec et maintenant, on joue ensemble en Angleterre. J’ai un grand respect pour elle. C’est une joueuse hors pair, talentueuse, qui travaille très fort. Dans ses décisions de vie, elle a choisi de tout mettre dans le rugby et, elle aussi, elle en mange. »

Le lien de Poulin avec Exeter est encore plus fort, car elle est aussi l’entraîneure de l’équipe féminine du club de l’université de la ville. Deux de ses joueuses viennent d’ailleurs de la rejoindre chez les Chiefs.

Rédaction: Mathieu Laberge, Sportcom

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